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"Ôde aux émotionnel(le)s" - Poème


L’une des premières règles que l’on apprend, enfant,

C’est « qu’il faut » contrôler nos émotions en certains instants.

Les premières colères, les chagrins insurmontables,

La détresse lors de la séparation, la frustration,

L’indignation, la joie, le plaisir, la tristesse,

La honte, la surprise, le dégoût, l’angoisse.


Et l’amour.


Ainsi que ce qui en découle : confiance, gentillesse, amitié,

Engouement, adoration, félicité.


La profondeur de ce que l’on ressent dans les bras d’un être aimé,

Ou en écoutant un concerto pour violon, en regardant le monde du sommet d’une montagne,

Ne mérite-elle pas, justement, de laisser ses émotions déliées ?

Fermer les yeux et se laisser porter par cette vague déferlante,

Sentir les larmes monter,

La gorge se nouer,

Le cœur battre, les frissons nous recouvrir,

Et crier,

Hurler,

Brailler,

Mugir,

De bonheur, de désespoir, de colère.


Vivre. Tout simplement.


On nous façonne, enfant, à maîtriser la vie,

Et on se retrouve, adulte, incapable de la percevoir.


Les barrières sont la pire chose qui puisse exister,

Celles qui sont physiques et les autres, émotionnelles,

Sont un ensemble de néfastitude qui détruit le noyau des émotions,

Et avec elles l’être tout entier,

Seul reste le paraître, qui, lui, ne ressent pas.


Car qui croit pouvoir vivre sans émotions

Est mort depuis déjà bien trop longtemps.



Aude Prieur"


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