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1k, 10k, 100k, "j’aime" et abonnements contre intégrité et talent !

Les réseaux sociaux ont su leurrer notre perception des apparences et creuser l’impact sur nos ressentis, ce sentiment d’être trompé par ce que, exposé publiquement. Les apparences représentent ce que l'on donne à voir au monde, ce qui se montre de manière manifeste à nos yeux. Elles s'assimilent par les sens qui nous exposent l'aspect extérieur des choses telles qu'on les voit et pas forcément telles qu'elles sont.

Les apparences sont trompeuses, enfin, il paraît. Selon les disciples de tels ou tels maître de psychologie, d’aucuns affirmeront que ce sont aussi les apparences qui nous permettent de nous prévenir lorsqu’un mari volage ment, d’un regard, ou à ses hésitations ?

Mais ne serait-ce pas en fait notre instinct qui nous a guidé au-delà de tous signes d’apparences extérieures ?

Cette intuition si fluette et qui peut parfois dévorer une à une nos idées, tel un termite grignote la poutre.


À quoi doit-on de (sa)voir, de manière générale, que l’apparence n’est pas la « réalité », sinon à l’apparence elle-même ?

Telle une vitrine dont les passants savent qu’il s’agit d’un décor mis en scène, l’apparence n’induit en erreur qu’en renseignant immédiatement celui qui l’observe sur l‘écart hors du commun qu’elle propose.


« Sachez que je suis en train de vous cacher quelque chose », écrit Roland Barthes dans ses Fragments d’un discours amoureux. Les apparences nous trompent ? Ou pas. Rien n’est plus visible, rien n’est plus apparent que la fausse discrétion, la fausse modestie, la fausse bienveillance, la fausse culture, des gens qui se donnent l’air de ne pas « être » ce dont ils ont l’air, tout en mimant à la lettre ces êtres qu’ils voudraient être.


L’apparence, c’est ce que l’on voit en premier et qui bien souvent définira notre respect à l’autre.

La tenue et l’hygiène sont perçues par notre société comme un point des plus importants avant d’engager un quelconque dialogue avec un autre « je ». Une veste rapiécée, une chaussure trouée, des ongles noirs, tout autant de petits détails qui suffiront à jauger si cette personne est « digne » qu’on lui accorde du temps et de l’intérêt.

Quel terrible biais cognitif puisqu’il renvoie à un système de classe sociale archaïque qui laisserait à penser que « sale » = incompétent, escroc, voleur etc..

Les apparences sociales sont, en général, basées sur le « qu’en dira t-on », et le statut social.

Ainsi, par exemple, le métier de médecin confère tout de suite à n’importe quel individu un certain prestige immédiat. A contrario, le statut de chômeur est déconsidéré socialement. Or, les gens ont tendance à confondre la valeur de la personne avec son statut social et nous sommes tous, de prime abord, sous l’emprise de ce dogme d’apparences sociales.

Pour voir les apparences, il n’y a pas de recherche à faire, c’est ce qui se donne à voir sans avoir trop d’efforts à faire, là c’est sur la confiance que « je » peux ou non accorder à cette personne en fonction de ses apparats physiques mais il est tout autant possible d’appliquer cette perception au supermarché : Je vois un plat, mal emballé, sans couleurs vives, tout ratatiné, cela ne donnera pas envie de l’acheter, alors, que hormis son apparence, il peut être délicieux. A contrario, je peux désirer le même plat, dans un emballage marketing de grande qualité, très bien fait, alors qu’en la goûtant, il s’avère qu’il n’est pas bon à manger.

Il en va de même avec les réseaux sociaux.

Beaucoup s’abonnent à des pages aux centaines et milliers d’abonnés, attirés par ces lumières aux nombres d’ors, accordant une confiance quasi systématique aux comptes les plus importants; « s’ils sont nombreux à être abonnés, alors c’est que c’est intéressant/de qualité »… etc.

Pourtant il est si facile de tromper le badaud, de « gonfler » le compte par l’achat d’abonnés, de publicités, de publications sponsorisées, toutefois comme dans la vie, il est assez aisé de détecter les apparences trompeuses de tels comptes, en analysant simplement la cohérence des abonnements - commentaires, j’aime et partage.

Pour exemple sur TikTok, il y a des auteurs avec 70k d’abonnés mais qui à chaque publication n’engrangent qu’une dizaine de j’aime et quasi aucun commentaires ou partage, c’est un détail qui peut vous alerter sur la réalité, la qualité, l’intégrité de ce compte.

Un autre exemple, prenez un artiste avec 80k d’abonnés sur sa page et qui organise une cagnotte ulule pour produire son œuvre. Pour provoquer votre envie d’y participer il peut miser sur la qualité de l’œuvre via des extraits, des présentations de son travail, de son parcours, de la vie de l’œuvre, bref, mettre son travail au premier plan, ou, il vous fera miroiter son nombre d’abonnés, vous laissant sous entendre qu’il a une grande notoriété, que ses œuvres s’arrachent comme des petits pains, qu’il ne reste quasi plus de places, que la cagnotte a déjà atteint 150% …

Avant de cliquer sur le bouton payer, vérifiez le nombre de contributeurs

Vous pourrez parfois avoir quelques surprises et découvrir que la cagnotte a explosé avec seulement trente contributeurs, amis et famille de l’artiste…


Attention aux apparences, celles des réseaux sociaux sont parmi les plus dangereuses puisque la visibilité y est plus importante ! Méfiez vous de ce/ceux qui brillent. Il ne faut pas se limiter aux apparences pour être dans le vrai ; parce que c’est se borner à un aspect esthétisant des choses sans plus se soucier du Bien et du Mal. En effet, si l’on s’attache trop aux apparences, on devient frivole et cela même jusqu’à l’immoralité afin de satisfaire l’ego affamé d’apparences esthétiques au détriment de l’éthique assoiffée.


Nataneli

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