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J'aime pas les réveillons ! Par Nathalie Bianco

Je ne sais pas comment s'est déroulé votre réveillon, mais celui de l'auteure française Nathalie Bianco vaut le détour !

Un texte très drôle comme à chaque fois avec l'auteure de trois jolis romans à découvrir en urgence.


J’aime pas les réveillons, j’ai jamais aimé ça et je ne sais pas ce qui m’a pris d’accepter cette invitation. En plus, la dernière fois que l’association haut à paillettes / veste de smoking a été à la mode, ça devait être en 1995. J’ai l’impression d’être un mix entre Evelyne Thomas et les potiches de « La Roue de la fortune ». (Alors que, questions émission de télé des années 90, je me suis toujours sentie plus proche de Maïté).

Tant pis, j’y suis.

Ma copine Sonia est un curieux mix météorologique, une sorte de soleil d’été couplé avec une tornade. Elle m’ouvre la porte, surexcitée, les yeux brillants, les joues roses. Visiblement, la fête a commencé et elle a déjà dû boire pas mal de champagne. Chaque fois que je la vois, je me demande si elle n’a pas des problèmes d’auditions, parce qu’elle parle assez fort. Là, un peu éméchée, c’est pire. Elle crie. Plus personne dans l’immeuble ne peut ignorer qu’elle a un nouveau mec qui s’appelle Fabrice, qu’elle a trop hâte de me le présenter et que je suis priée de ne pas faire ma pimbêche parce qu’il baise comme un dieu. Soit.

Il y a plein de monde. Des gens très différents, de tous âges. Finalement, ça a l’air sympa. Je me décrispe un peu. Si Sonia s’est montré plutôt désinvolte sur le buffet, coté boisson, c’est l’opulence. Je descends presque cul sec mon premier verre de champagne, pour me mettre dans l’ambiance.

Sonia me présente son fameux Crush, son dieu du sexe body-buildé, rencontré au Cross Fit. J’ai pour principe de ne jamais parler aux hommes en débardeurs, mais je peux faire exception quand le Musclor en question me tend une nouvelle coupe de champagne.

— Alors, c’est vous qui êtes écrivaine ?

— Vain.