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Le jour où on a voulu tuer ma grammaire - Antonio Pereira


C’était un matin d’hiver 2017, le « pédagogisme » a débarqué chez ma grammaire, alors que tout le monde dormait à « point » fermé.

« Ouvrez les guillemets !

– C’est à quel sujet ? demanda le Complément au Verbe enflammé qui sonnait à sa porte.

– Vous faites l’objet d’une mise en examen, lui répondit le verbe, direct, escorté d’un groupe bien monté. Est-ce que vous voulez bien nous accompagner, s’il vous plaît ?

– Au présent ? demanda le Complément, sans attributs. Vous m’accorderez bien cinq minutes, le temps que j’enfile au moins un adjectif !

– Inutile de trop vous charger, un article de toilette, un nom propre, ça suffira. Nous allons vous conjuguer avec votre passé composé.

– Mais qu’avez-vous à me reprocher, au juste ? s’insurgea le Complément devant cette interpellation à l’accusatif.

– Les temps changent, cher collègue. Vous ne lisez donc pas les journaux ?

– Quoi ? Au sujet de… prit soudain peur le Complément. Vous êtes… ?

– Oui. Le Prédicat. On embarque tout ce qui complexifie nos phrases, dans un but de réduction d’effectifs. Moins de fonctionnaires quoi !

– Mais, j’ai mon utilité…

– Inutile de grammatiser. Veuillez nous suivre à notre nouveau poste, s’il vous plaît ! »

Si vous aimez ce genre d’humour, créatif et décalé, alors vous retrouverez sûrement votre sourire dans mon dernier recueil qui a trouvé « matière à tuer le Temps », dans tous les sens du terme.

(Le texte ci-dessus, d’un autre temps, ne figure pas dans le recueil, c’est un bonus pour ce blog)


Découvrez le recueil Matière à tuer le temps :


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