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Salman Rushdie a failli être égorgé et je suis en colère.

Dernière mise à jour : 14 août 2022

Il a failli être égorgé sur la scène de la Chautauqua Institution à cinquante-cinq miles au sud-ouest de Buffalo, dans un coin paisible et rural de l'État de New York. À l'heure où j'écris ces lignes, on ne sait s'il est mort ou vif. Les Ayatollahs voulaient Salman Rushdie, mort plutôt que vif depuis 1988. Je crains qu'ils ne soient finalement arrivés à leurs fins.



Rappelons qu'une fatwa - une peine de mort religieuse, assortie très vite d'une prime de trois millions de dollars, avait été lancée par le chef de la révolution iranienne Komeiny en 1989. La prime pour avoir la peau de l'auteur aurait même été majorée en 2016.

Pourquoi ? À cause d'un livre ! "Les versets sataniques", une œuvre de fiction jugée attentatoire à l'image du prophète par des extrémistes musulmans d'un Iran rigoriste. Cette fameuse accusation de blasphème, celle-là même par laquelle on "justifie" l'attentat contre Charlie Hebdo et tant d'autres folies.


Je me souviens de l'apparition de Rushdie. La première après un long exil intérieur. Celle qui me restera de lui. Il était sur le plateau de Bernard Pivot en 1996. C'était l'émission "Bouillon de culture", exceptionnellement avancée de deux heures. J'étais - croyais-je avant que la vie ne m'éloigne pour un temps de mon destin - une jeune auteure et je dévorais, sans en rater une seule, toutes les émissions littéraires. Rushdie pensait enfin acquise sa victoire contre l'intimidation obscurantiste et il était venu présenter son dernier roman, « le Dernier Soupir du Maure » en compagnie d'Umberto Eco et de Mario Varga Llosa.

Rushdie semblait incrédule, comme engourdi d'un long cauchemar qui l'avait transformé, bien malgré lui, en prisonnier volontaire d'une garde assurée par la police britannique pendant plus de sept ans.

Le lendemain de l'émission, l'Humanité avait titré : "Salman