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COMEDIENNES OU DEMI-MONDAINES - Anne-Sophie Nédélec

Pourquoi jusqu’au début du XXe siècle, les comédiennes tombaient-elles quasi automatiquement dans la vie semi-mondaine voire la prostitution ?


A cette époque, les comédiennes ont la charge d’acheter leurs costumes. Les robes nécessitent beaucoup de tissu et sont chères. Par ailleurs, plus elles sont belles, plus on se fait remarquer et plus on a de chances de décrocher de nouveaux rôles, d’où l’importance d’y mettre le prix.

L’importance du costume est donc majeure, au point que certaines revues se consacrent aux costumes de scène, si bien que les actrices deviennent de véritables ambassadrices de la mode.

A noter que le souci de la vraisemblance historique n’est pas encore une préoccupation majeure. Lorsque Rachel joue Marie Stuart et déclame « Au plus vil dénuement dans ma prison réduite… », elle porte une robe du XIXème en velours noir, brodée et couverte de diamants !


D’autre part, les théâtres font régulièrement faillite et les comédiennes se retrouvent souvent sans emploi. D’où la nécessité de trouver un protecteur. Un système dont tout le monde se satisfait puisqu’il est de bon ton, voire nécessaire pour un homme du monde, d’avoir une maîtresse comédienne, pour briller en société.

Les épouses s’en accommodaient généralement très bien. Les mariages étant souvent arrangés et donc sans amour, voilà qui leur permettait d’échapper au devoir conjugal !

Le choix des maîtresses et des protecteurs se faisait en fonction du rang de chacun. Un ministre « se servait » à la Comédie-Française, à l’Odéon ou à l’Opéra, un bourgeois dans les Théâtres de Boulevard, et vice-versa, les comédiennes « visaient » en fonction de leur notoriété.