La Belgique a l'incroyable chance d'avoir deux ambassadeurs. Deux experts. Deux passionnés.
Yasmina Bouko dirige une des plus jolies maisons d'édition de Belgique, avec une équipe engagée et investie. Ses auteurs sont portés par l'ambition et la bienveillance de ceux qui dirigent d'une main de maître la Maison d'édition.
Manuel Verlanges est un écrivain. Il a passé sa vie au service de l'écriture et n'a fait que cela ! Et il le fait à merveille ! Depuis peu, il a pris la direction de deux collections des éditions du Lion Z'ailé, L'authentique et Entretiens.
Ils se connaissent pas coeur. On les prendrait pour frère et soeur !
Nous sommes ravis d'accueillir ce binôme pour défendre le réseau et le faire progresser !
YASMINA BOUKO
La lecture, un refuge
Comme il est difficile, pour l’adulte devenu, de savoir si ce dont il se rappelle est un vrai souvenir ou s’il s’agit de faits rapportés.
Mon passé est fait de bribes de mots, d’images furtives, de sensations : un couloir d’école, une petite fille, livre à la main, qui vient en aide une autre élève afin qu'elle apprenne à lire. Une vitrine de bouquiniste et dans le coin inférieur gauche, un pavé titre : Don Camillo. Couverture fatiguée, d’un bleu presque gris, livre bradé en raison de son état. C’est pourtant un trésor inestimable pour l’enfant de six ans qui déclare avec aplomb que c’est ce livre qu’elle veut. Un défi qu’elle s’efforcera de relever, comptant sur l’aide de sa maman qui, fatiguée de définir chaque mot, la renvoie vers le dictionnaire.
Le quoi ?... À six ans, on n’a jamais vu de dictionnaire.
Celui-ci est épais, recouvert d’un papier rose bonbon. Un Larousse illustré, des pages en papier glacé et une succession de phrases coupées de titres gras. L’alphabet à peine maîtrisé, comment comprendre le casse-tête qui consiste à s’y retrouver dans ce labyrinthe de mots ? Il lui faudra deux ans pour venir à bout de Don Camillo. Ce livre maudit, bien trop difficile à lire pour une enfant de cet âge, a fait les aller-retours entre l’armoire et les mains de la petite fille désireuse de prouver qu’elle était tout à fait capable de le lire. Une victoire que sa maman lui a laissé gagner, sans jamais la ridiculiser. Et cette attitude, j’en suis sûre aujourd'hui, m’a amenée à toujours viser plus haut. Ce « plus haut » c’était parvenir à lire tous les livres que ma maman gardait dans sa bibliothèque. Majoritairement des livres de poche, l’argent ne coulait pas à flots chez nous, avec parfois quelques belles couvertures en cuir striés d’or. Une odeur de papier jauni et parfois l’effroi de voir s’échapper quelques poissons d’argent.
De Slaughter à Guy Des Cars, en passant par Pearl Buck, je voyage. Je ne comprends pas tout comme ce jour où je lis « Le donneur » de Guy Des Cars. J’apprends ainsi que les messieurs peuvent être donneurs de bébé. Je soustrais à la vue de ma maman un livre qu’il m’était interdit de lire. J’ai à peine 9 ans. Le titre « Marco » et la photo en noir et blanc d’un jeune homme m’intriguent. Ce livre a plutôt l’air ennuyeux alors pourquoi ne puis-je le lire ?
Dans mon lit, à la lueur de ma lampe de poche, la tête sous la grosse couverture Sole Moi, je sue, et ces gouttes viennent se mêler aux larmes. C’est la première grande claque de ma vie. Marco, quinze ans, est atteint de leucémie, et il ne guérira pas. Ce récit est écrit par sa maman et le jeune homme est le fils du patron de ma maman. Ainsi les enfants peuvent mourir de maladies atroces qui laissent des bleus sur le corps (j’apprendrais plus tard que les plaquettes sanguines sont diminuées dans certains cancers hématologiques, et que la moelle ne sait plus fabriquer ces cellules ô combien vitales) et des bleus au cœur comme le chantait Patrick Juvet.
Je découvre que la littérature n’a pas de fin, que l’on passe des rires aux larmes, du temps d’avant à un futur complètement fou au travers de phrases courtes, qui font l’effet de frappes au marteau piqueur, m’empêchant de reprendre mon souffle, ou si longues qu’arrivée au point final, je ne sais même plus de quoi il était question. Viennent ensuite les années collège. L'apprentissage de la littérature imposée. La découverte d’un monde que je n’imaginais pas. Stendhal me séduit, Molière m’amuse, et j’ose lire l’amant de lady Chatterley, qui est bien loin des détails croustillants que je m’étais imaginés.
Les années 80, période stupide qui décrète qu’un être humain est soit doté d’un cerveau scientifique soit doté d’un cerveau littéraire, mais qu’en aucun cas ils sont compatibles. Me voilà bien avancée, moi qui rêve encore de sauver Marco et qui entre-temps vois sa famille décimée par le cancer.
La cancérologie l’emporte et je lui consacre les trente années qui suivent. Je glisse dans une littérature facile, purement délassante, qui n’est pas mauvaise, mais qui ne se renouvelle pas jusqu’à ce jour où mon monde s’écroule et m’oblige à m’éloigner de ma passion. Des problèmes médicaux, ma fille hospitalisée dans un état grave, et le besoin de puiser quelque part la force de la maintenir en vie et de lui redonner l’envie de vivre. La réaction est immédiate, tient de l’instinct primaire, je dévalise une librairie, car je vais avoir besoin d’un refuge et le mien se cache dans les livres. Pourtant, la littérature me boude.
Les lignes tressautent, se mélangent, les mots ne font pas écho en moi et lire m’épuise.
Que m’arrive-t-il ? Je décide d’acheter un bloc de feuilles lignées et, assise dans le couloir de l’hôpital, face à la chambre de ma fille, je laisse mon stylo imprégner les feuilles d’une écriture d’abord frénétique puis de plus en plus apaisée. Mon esprit m’emmène aux États-Unis, souvenirs de vacances en famille. Peu à peu, mon corps se rigidifie, le récit est mièvre et l’héroïne prête à exploser dans son costume de jeune femme parfaite.
Et si je la laissais faire ? Si je lui permettais de s’exprimer, de crier toute la colère contenue, l’injustice vécue, la peur de perdre son enfant et cet incroyable sentiment de culpabilité qui accompagne les enfants éduqués sous le regard d’un Dieu punisseur.
Ce récit est mon premier livre.
Un thriller qui m’a amenée à côtoyer des gangs, par souci d’authenticité et peut-être par envie de me mettre en danger, ma vie n’ayant plus d’importance. Un livre auquel s’est associée ma fille, auteure de la couverture, et la preuve que la littérature est le meilleur des ponts entre les humains. Aujourd’hui, si je fais une pause dans l’écriture, l’envie de reprendre ma plume me taraude toujours, mais je trouve dans la création de la maison d’édition une mission humaine et l’occasion de donner voix à des auteurs merveilleux. La preuve que si nous n’avons qu’un seul cerveau, ce dernier ne nous oblige à aucun choix, et les seules limites sont celles que nous nous fixons, ou que nous acceptons.
MANUEL VERLANGE
L'auteur a passé son enfance à Nantes, France. Très tôt, il marque une aspiration vers la littérature. Celle-ci se transformera en passion, avec les années. Férue de lettres et d'écriture, auteure de poésies, sa mère le confortera dans cette voie. Après ses études, il part enseigner la langue française à Tokyo, puis en Belgique. Il vit aujourd'hui près de Bruxelles, où il travaille à l'écriture de ses romans.
Manuel Verlange est membre de la [SACD]http://sacd.be et de la SCAM http://scam.be. Son profil complet figure dans BELA http://bela.be, organe de la Société des Auteurs, ainsi que dans la page Wikimonde : https://plus.wikimonde.com/wiki/Manuel_verlange. Il est également membre de l'Association Royale des Ecrivains et Artistes de Wallonie-Bruxelles. AREAW-B. http://www.areaw.be , du Cercle Richelieu International, et de la SAAF, Société des Auteurs et Artistes Francophones.
Lignes d'écriture
Les livres de Manuel Verlange s'inscrivent dans deux axes littéraires. D'une part, l'enfance, le rapport avec la mère et la littérature, dans une forme de triangle amoureux. Le roman Demain n'est pas certain, paru aux Editions Encre Rouge https://encrerouge.fr/categorie-produit/auteurs/manuel-verlange/, s'est vu décerner le Prix de l'Evasion en août 2021. L'autre axe d'écriture entre en résonance avec notre temps, avec des titres comme La Haine a de beaux jours devant elle, plaçant le projecteur sur une libération de la parole intolérante et raciste, et Pauvres de nous !, farce sociale dans laquelle la précarité devient "tendance" face à la sécurité matérielle. Quant à L'Abandon du ciel, ce roman décalé traite de la place prise par les trois religions monothéistes au sein de notre époque. A lire impérativement au deuxième degré.
Biographe, Manuel Verlange a écrit le parcours d'Alfred Grosjean, industriel belge. La biographie "Changer le cours des fleuvres" est parue en juin 2022 aux Editions Academia-l'Harmatan https://www.editions-academia.be, collection Littérature-Biographies, et https://editions-harmattan.fr
Il a également écrit la biographie de Jean-Luc Van Damme, publicitaire, réalisateur et producteur de cinéma. Ce livre, "Banana Split", est publié aux Editions Academia-l'Harmattan, dans la collection Biographies, en mars 2023. Ces deux biographies ont obtenu le Prix de la Renaissance Française en 2023.
La Médaille d'Or 2024 de la SAAF — Société des Auteurs & Artistes Francophones — lui a été décernée pour l'ensemble de ses écrits, ainsi que la Médaille de bronze de la Société Académique des Arts Sciences et Lettres de Paris.
Livres et images
L'image est omniprésente dans la démarche artistique développée par Manuel Verlange. Scénariste, dialoguiste, il a participé à l'écriture de séries télévisées. Il a écrit l'adaptation du roman "Kyrielle blues", de Véronique Biefnot et Francis Dannemark. Pour le théâtre, il a adapté son roman, "Pauvres de nous !", Sous le titre "Bande-Annonce" la pièce tourne actuellement sur scène. Le livret de théâtre a été édité en mai 2024.
DERNIÈRE parutioN
AU TITRE D'UNE ENFANCE HEUREUSE
Roman — 2026. Au titre d'une enfance heureuse. Préface de Philippe Reynaert
Prochaine parution
L'IDENTITÉ AMOUREUSE
Roman — 2027
LA BELGIQUE A ÉTÉ LA PREMIÈRE ANTENNE CRÉÉ HORS ÉTATS-UNIS.
Pour lancer cette première représentation du réseau à l'étanger en 2021 , Sandrine Mehrez Kukurudz s'est rendue en Belgique pour rencontrer les acteurs du monde littéraire francophone belge : auteurs, personnalités culturelles et autorités en charge de la région.
L'occasion de réaliser aussi un programme d'interviews, de mettre en place un apéro convivial et de partir à la rencontre de ceux qui aiment et animent la littérature belge francophone.
Un voyage organisé par l'ambassadrice d'alors Magali Vilain.
Voyage
de lancement
DE L'ANTENNE BELGE


YASMINA BOUKO
BELGIQUE
VIT À BRUXELLES
DIRECTRICE DES ÉDITIONS DU LION Z'AILÉ
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MANUEL
VERLANGe
BELGIQUE
VIT PRÈS DE BRUXELLES
Auteur romans - bibliographie - théâtre
DIRECTEUR DE DEUX COLLECTIONS DES ÉDITIONS DU LION Z'AILÉ :
- L'AUTHENTIQUE - ENTRETIENS
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