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Comment écrire un livre en un été ? (Deuxième semaine)



Le blob et l'étagère


Créativité et efficacité ne semblent pas toujours faire bon ménage ? Pire, elles vous semblent inconciliables ? Laissez-moi vous aider.

L'esprit de l'artiste est comparable au blob. Vous savez, cette créature qui n'est ni tout à fait animale ni tout à fait végétale, cette cellule à plusieurs, le Physarum Polycephalum. Comme le blob, l'esprit de l'artiste peut rester en sommeil des années s'il n'est pas nourri. Mais comme le blob, en présence d'un biotope riche, il peut se développer de manière fulgurante là où on ne l'attend pas. C'est dire si, comme le blob, l'esprit de l'artiste est une terra incognita à ceux qui ne partagent pas son mode de fonctionnement.

Les artistes les plus "blobs" sont d'ailleurs souvent considérés longtemps comme des touche-à-tout avant d'être finalement titularisés "génies".

Qu'on me permette d'évoquer le plus célèbre d'entre tous : Léonard de Vinci, dont le Salvador Mundi m'émeut bien plus que la Joconde. Dont l'homme de Vitruve a formaté mon esthétisme. Dont, enfin, les machines infernales m'avaient presque persuadée que cet homme venait d'un autre temps ou d'une autre planète.


Mais je pense aussi à Jean Cocteau, l'un des artistes les plus polymorphes du XXe siècle, poète, peintre, dessinateur, dramaturge, cinéaste, membre de l'Académie française. Amoureux, comme je le fus grâce à lui et à "la Belle et la Bête"- qui hanta longtemps mes nuits -, d'un Jean Marais stupéfiant de beauté. Ce Jean que j'eu la chance de croiser un jour quelques instants, moi encore enfant, lui déjà vieillard mais toujours superbe, dans son atelier de Vallauris.