top of page
Rechercher

JEUDI VAGUE - LA MATHÉMATIQUE DES TROUS

Quand on est dans un train, on regarde les vaches, certes, mais on lit aussi. Enfin on lit quand la vache assise en face de toi ne hurle pas dans son portable, que non, je ne sais pas quand on arrive (alors pourquoi t’appelles ?), et oui je crois qu’il reste du poulet dans le frigo (ah bon, c’est pour le poulet).


Quand on est dans un train, on regarde les vaches, certes, mais on lit aussi. Enfin on lit quand la vache assise en face de toi ne hurle pas dans son portable, que non, je ne sais pas quand on arrive (alors pourquoi t’appelles ?), et oui je crois qu’il reste du poulet dans le frigo (ah bon, c’est pour le poulet).


C’est pourquoi les tunnels sont les grands amis des lecteurs. Dans les tunnels, la communication ne passe pas, les imbéciles sont muets. Le tunnel, c’est ce qu’il manque dans notre monde de communication excessive : un moyen de faire taire les imbéciles. Je rêve d’un monde avec beaucoup de tunnels.

Il se trouve que je lisais un mauvais livre d’un bon auteur. Ça arrive, et c’est en soi assez dangereux. Ne se rend-il pas compte cet homme édité, reconnu, honoré, que son texte famélique représente un pousse-au-crime, une incitation à la débauche épistolaire pour tous les écrivaillons du monde ?


Mais lire, comme dire du mal des autres, est une occupation de longue haleine dont il restera toujours quelque chose. Au milieu de cette grisaille, je tombe sur ce rayon de lumière, à propos d’un peintre : « Celui qui veut garder les instants n’est-il pas toujours aussi celui qui ne sait pas les vivre ? ». Au milieu de mes vaches et de mes poulets, j’ai eu peur. Ça me ressemble terriblement. N’écrirais-je que pour garder des instants que je ne sais pas vivre ? Tout cela est bien angoissant.

Passons aux trous, voulons-nous ?

Cette histoire de trou commença alors que je glandouillais le nez au vent et que ma moitié vint me susurrer à l’oreille une idée des plus farfelues.