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L'écriture inclusive - Gildas Thomas

Bonjour à tous.tes... Je suis navré, mais cette phrase est, littéralement parlant, illisible. Elle demande au cerveau, pour la première fois de l'Histoire, de lire, créer des mots qui ne figurent pas dans la phrase.


On lit donc « bonjour à tous et à toutes ». En fait, on ne lit pas, on déchiffre, on reconstruit les mots manquants. Il me semble primordial que l'écrit puisse être retranscrit mot pour mot, syllabe par syllabe, à l'oral. Le français comporte déjà beaucoup d'incongruités, de voyelles muettes ou de doubles consonnes inutiles. Ce qui me dérange avec cette écriture inclusive, c'est qu'elle demande une compétence de lecture que tout le monde ne maîtrise pas, et pas uniquement les élèves de CP... On m'a rétorqué que c'était pareil avec les abréviations ( tjs, bcp, diff, vs... ). Et bien justement ! Les abréviations sont bien l'apanage des diplômés !!

Il est quand même très intéressant de constater que cette invention née de milieux bobos gauchos pensant sans doute apporter une réponse en faveur d'une plus grande égalité, risque au contraire d'être une nouvelle source de distinction sociale au sens où l'entendait Pierre Bourdieu. Il n'est plus à démontrer que la maîtrise de la langue est un enjeu de domination. Oui, il est compliqué de lire des textes truffés de tous.tes, chacun.e.s...

Avec « mesdames et messieurs », pas de problème, l'absence de racine commune empêche toute inclusivité.


Bien sûr que cela donne des textes plus denses et plus riches en nombre de signes, mais le français possède toute la grammaire et la syntaxe nécessaires pour inclure tout le monde sans recourir aux points.


De plus, nous écrivons et lisons de gauche à droite, c'est-à-dire, que lorsque l'on écrit « chacun.e » ou « étudiant.e » ou « tous.tes », qu'on le veuille ou non, on exprime la primauté du masculin sur le féminin, puisque le masculin reste invariablement écrit en entier, lu en premier, et que le féminin ne se rajoute que par une petite voyelle adjacente. En écrivant la répétition « les étudiants et les étudiantes » qui n'empêche d'ailleurs pas d'inverser – au choix – « les étudiantes et les étudiants » on exprime bien mieux l'égalité de celles et ceux dont on parle...

A l'arrivée, c'est l'usage qui fera la norme, en laissant certaines et certains sur le carreau... Comme d'habitude.


Les romans de Thomas Gildas sont disponibles aux États-Unis :

https://www.rencontredesauteursfrancophones.com/search-results?q=thomas+gildas

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