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L'ÉCRIVAIN NE PREND PAS SES LECTEURS POUR DES GOSSES. QUEL QUE SOIT LEUR ÂGE.

"Resté dans l'angle, derrière la porte, si bien qu'on l'apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d'une quinzaine d'années environ, et plus haut de taille qu'aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l'air raisonnable et fort embarrassé." Madame Bovary, Flaubert, Chapitre 1, deuxième paragraphe.

Ainsi commencent tous les romans du XIXe siècle. Bien sûr, pas dans le même lieu, ni à la même époque ou avec les mêmes personnages, mais avec la même structure.

Il s'agit du début de l'histoire, celle qu'on appelle l'EXPOSITION. Depuis les pyramides. Pas de celles d'Egypte. Celles de Freitag et de Forster, deux théoriciens du schéma narratif.


Tels des éléments d'un cabinet de curiosité, le lieu, l'époque et les personnages sont exposés pour que le lecteur comprenne. Comme dans l'étude d'un commissaire-priseur juste avant la prisée.

Outre les personnages et leur milieu, on expose également au lecteur la situation de départ. Celle stable, mais routinière bien que rassurante que l'incident déclencheur va très vite venir interrompre.


Les manuels d'écriture recommandent que l'exposition ne soit pas trop longue mais ajoutent sans rire que cela signifie ne pas dépasser les limites de ce qui correspond au théâtre au premier acte, c'est à dire au tiers du récit ! </