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Réunis dans un ancien couvent pour une étude comportementale, des jeunes surdoués se voient confier une mission très particulière : déchiffrer le fameux manuscrit de Voynich, un ouvrage mystérieux qui résiste à toute analyse depuis des siècles.

Au fil de l’intrigue et des manipulations mentales, des enjeux bien plus essentiels se dessinent.

 

Sommes-nous maîtres de notre destin ? Les enfants HPI ou atteints de troubles autistiques ont-ils droit à une émancipation particulière ? Quel regard porter sur eux ?

Ce qu'ils en ont dit

C’est le cocktail, violemment agité, que propose Olivier Papleux dans « Les enfants de Voynich ».

 

Dans l’ombre de Régis Castel-Bénac, son directeur de recherches, le docteur Topaze, qui se trouve bien de rester hors de la lumière, est chargé « de trouver cinq enfants surdoués, puis de superviser un stage d’observation durant les grandes vacances. » Leur quotient intellectuel supérieur à 140 ne les prédispose pas vraiment à vivre en société, d’autant que certains d’entre eux sont touchés par le syndrome d’Asperger qui, associé à une intelligence très vive, les dote « d’une telle exigence qu’ils atteignent des sommets dans leur domaine unique d’expertise. »

 

Des anomalies, en quelque sorte, et en même temps des êtres passionnants. Ils ont de 10 à 15 ans, trois filles et trois garçons, car Vinci, 12 ans, s’est ajouté au groupe malgré un QI de 126 seulement. Il est l’ami de Floris, un des cinq autres, ce qui devrait aider à la cohésion, et il est le filleul de Castel-Bénac, ce qui oblige un peu Topaze (en même temps que ça l’arrange).

 

Le Belge Olivier Papleux envoie donc, dans un ex-couvent de Dominicaines sur la plaine de Waterloo, les six enfants – outre les deux prénoms déjà connus, on y ajoute Al-Jabr, Ariane, Aurore, Babel et Kryptos. Ils deviennent Les enfants de Voynich parce que tel est le nom de l’obscur manuscrit dont le décryptage résiste depuis des siècles à toutes les tentatives et dont l’histoire a fait un mythe que les jeunes surdoués pourraient, comme un jeu, démonter.

 

En outre, Topaze n’est pas insensible à la récompense offerte au premier qui percera l’énigme en apparence insoluble et se fait fort d’utiliser les travaux de ses protégés pour échapper aux contraintes de son travail.

 

Un cocktail pétillant qui ne monte pourtant pas à la tête.

 

Deux aspects complémentaires retiennent l’attention dans ce roman.

D’abord, la vie en commun des enfants et de leur mentor provisoire est un régal qui touche à tous les registres : la vivacité d’esprit, l’incompréhension, les réactions particulières des uns et des autres, et un amalgame curieux bien que convaincant qui fait d’eux un véritable groupe. « Ils se sont reconnus. Ils partagent le même humour, se comprennent et vivent ensemble sans l’obligation de masquer leurs singularités. Ils ne sont plus seuls, mais surtout, ils ne doivent tenir aucun rôle de personnage normal. » On y ajoute, pour faire bonne mesure, la naissance du sentiment amoureux entre deux d’entre eux – la surprise viendra à son heure – et l’on obtient un cocktail pétillant qui ne monte pourtant pas à la tête.

 

Ensuite, le scénario qui semble écrit par Topaze va subir de profondes mutations à l’initiative de ces très jeunes personnes qui sont, séparément et surtout ensemble, bien plus malignes que lui. Malins au sens, aussi, de pervers, car ils sont capables de manipulations auxquelles un homme moyennement doué est incapable de penser.

 

Ainsi, au fur et à mesure qu’on avance dans le roman en même temps que dans l’hypothétique déchiffrement du mystérieux manuscrit, on suit un Topaze égaré et pourtant aussi heureux de son sort qu’il l’était au début dans un autre rôle.

 

Jusqu’à ce qu’un autre retournement se produise, car l’écrivain a lui aussi plus d’un tour dans son sac. Sa biographie ne fournit pas son QI mais sa passion pour les chiffres et les lettres semble l’avoir prédisposé aux jeux littéraires.

 

Pierre Maury, Le Soir

 

Les enfants de Voynich - Olivier Papleux

25,00$Prix
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