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L’insoutenable douleur de perdre Milan Kundera par Belinda Ibrahim

Milan Kundera s'est éteint cette semaine. C'est notre partenaire et soutien libanais, la journaliste et auteure Belinda Ibrahim qui lui rend hommage dans les colonnes d'Ici Beyrouth.

Comme un murmure emporté par les vents célestes, Milan Kundera, le maître des mots franco-tchèque, a quitté ce monde mardi après-midi à Paris. Son éditeur Gallimard a annoncé avec une tristesse voilée que Kundera, auteur de La Plaisanterie (1965) et de L’Insoutenable légèreté de l’être (1984), est décédé le mardi 11 juillet 2023, vaincu par la maladie. Anna Mrazova, porte-parole de la Milan Kundera Library dans sa ville natale de Brno, a confirmé la mort de l’écrivain.


Kundera, ce peintre sarcastique de l’âme humaine, avait le privilège rare d’avoir été acclamé de son vivant en rejoignant les pages de La Pléiade en 2011. Bien qu’originaire de cette terre tchèque qui lui avait arraché sa nationalité avant de la lui rendre en un souffle ultérieur, Kundera avait conquis le cœur de la francophonie, s’imposant comme l’un des maîtres incontestés de la littérature mondiale.


Dans les temps lointains où il se parait encore des couleurs tchèques, Milan Kundera avait dévoilé au monde deux joyaux littéraires : La Plaisanterie (1965), salué par le poète français Aragon, et Risibles amours (1968). Ces œuvres révélaient sans détour l’agonie des illusions politiques de cette génération en proie aux affres du Printemps de Prague, cette tempête qui avait ouvert les portes du pouvoir aux communistes en 1948.