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Le paradis des chats

L'esprit de mes chats envoute, ensorcelle, habite ma maison et décide du sort de celui qui entre et de celui qui sort. Je les aime, ils sont si gentils et si égoïstes, il ne leur manque que la parole.

Place aux chats sous toutes leurs facettes dans notre humanité partagée, ces petits êtres si mystérieux, ceux que nous avons aimés et qui reposent en paix, ceux qui vivent encore à nos côtés. Ils sont si nombreux, je ne pensais jamais posséder autant de chats dans ma vie, quarante chats, tous différents, de toutes couleurs, de toutes races, du plus grand au plus petit, du plus menu au plus costaud, du chat de gouttière en passant par le Bengal, le Chartreux, le Siamois, le chat Européen, le Persan... Mes chats connaissent tous leurs prénoms et quelques-uns même leur surnom.

Où êtes-vous les enfants ? N’ayant jamais été mère, je dis les enfants, car je les considère un peu comme des enfants. Je les appelle souvent entre dix-huit heures et vingt heures, cela me laisse le temps de leur préparer leur repas. Pour leur literie, je suis très ordonnée, chaque chat possède son panier garni d’un tapis en éponge fraîchement lavé toutes les semaines et ils le savent très bien. Les chats adorent l’odeur du propre, surtout quand je nettoie les sols à l’eau de javel, ils ronronnent et se roulent sur le carrelage comme des anguilles.

Dans le passé, les chats n’ont pas toujours été présents dans mon existence. Lors de mon adolescence, chez mes grands-parents maternels, j’eus la chance de les connaître. Je les adorais tous sans exception, pour leur nature indépendante empreinte d’une inébranlable dignité. Chacun de ces chats avait été un ami unique et un compagnon de jeu.

Impénétrables et mystérieux en dépit de leur perpétuelle présence au sein de la maisonnée. Je ressentais pour eux une immense tendresse. Ces petits félins me fascinaient.


Depuis toujours les chats sont pour moi bien plus que des animaux domestiques. Ils entendent « l’appel de la forêt » au point d’abandonner de temps à autre le confort de la maison pour aller rôder, chasser et prendre des risques, de préférence dans les bois et les prés, mais aussi dans les rues, les parcs et les jardins. C’est surtout quand il fait chaud ou à la période des amours, que l’on retrouve des petits corps mutilés sur la route ou au bord d’un fossé, il y en a d’autres qui disparaissent et on ne peut faire leur deuil, ce qui est très éprouvant. Les chats sont à la fois domestiques et sauvages, dociles et mystérieux. Ils marchent à pas de loup, s’accouplent bruyamment et nous débarrassent des nuisibles. Leurs yeux de verre brillent da