
FÉBRONIE TSASSIS
AMBASSADRICE GRÈCE
Vit à Bruxelles
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Petite Biographie
Certains disent que je suis de la vieille école et que je place la langue française au premier rang comme du temps des salons chics et des cours impériales.
Sans doute.
Pourtant, je faillis ne jamais l’apprendre.
Fille d’immigrés grecs venus chercher fortune dans les mines de Charleroi, je trébuchai si bien sur les subtilités de la langue de Molière qu’à neuf ans, je ne savais toujours ni lire ni écrire. Une performance, certes, mais pas celle que l’on attendait. Mon père m’imagina alors en coiffeuse ou couturière, au grand dam de ma mère, suffragette dans l’âme, qui enrageait de ne pas me faire grimper les échelons malgré ses coups de savates.
Je restai bloquée au degré zéro des connaissances.
Puis, survint une philhellène, un ange gardien, une institutrice papillon qui me prit sous son aile. Miracle : une fois la langue apprivoisée, lire, écrire et comprendre devinrent une évidence. Je dévorai les livres en les cachant dans de grandes fardes pour éviter d’être surprise en flagrant délit de bouquinage, donc de plaisir, au lieu d'utiliser mes heures creuses à tricoter.
Émile Zola, Guy des Cars, Pagnol, Flaubert… Ils y passèrent tous.
Vu les moyens modestes de la famille, les vieux marchés, les bouquinistes, les bibliothèques et les prêts entre copines se muèrent en véritables creusets d’érudition.
Et j’écrivais.
Au début, des aventures romanesques, petite coquine, puis des poèmes et enfin, mes joies et mes colères.
Après avoir été architecte d’intérieur, puis commerciale, je repris des études à quarante huit ans pour me consacrer à l’être humain. Ma carrière s’acheva comme RH en réinsertion socioprofessionnelle et formatrice en communication.
Jeune retraitée, je voulus laisser à mes enfants quelques traces de notre passé : mon carton de confessions en tout genre sommeillait dans le fond d’un tiroir, il suffisait de le réveiller et de boucler Il était une fois une Phie, premier volume de ce qui allait évoluer en trilogie.
Ce livre devint un album d’évocations, d’anecdotes et de chroniques. L’humour et l’autodérision en allégeaient certains moments difficiles.
Par la même occasion, la Grèce, qui s’était éloignée quelque peu de mes pensées, revint en force se rappeler à mon bon souvenir. Surtout, quand la traduction du premier tome fut éditée en Crète.
Entretemps, deux rencontres décisives, Manuel Verlange et Yasmina Bouko, permirent à L’Horloge impériale, mon premier roman truffé d’intrigues, d’émotions et de rebondissements, de voir le jour au Lion Z’Ailé.
Depuis, le fait d’écrire m’est devenu essentiel. Il a rejoint ma passion pour l’Histoire, mon besoin d’équilibre et mon sens de la justice. La justice… Déjà enfant, je ne supportai pas qu’on mît à l’écart la petite étrangère timide ou celle qui arrivait en retard parce que sa mère travaillait la nuit. Aussi, me sentant grande et forte, je tentai de protéger quelques malmenés du quartier. Rousseau ne disait il pas croire en la bonté humaine, même si la vie s’amuse parfois à la corrompre ?
Suivant cette approche, je viens d’achever Louison, ouvrière du Reich, dont la sortie est prévue fin septembre, roman qui lève le voile sur certains faits notoires laissés dans l’ombre. Je tenais à mettre en avant la réalité historique et accorder ainsi la parole aux personnes que l’opprobre ou le rejet ont longtemps réduites au silence.
Aujourd’hui, entre la famille, les chats, les voyages, les écrits, les associations, les conférences, la lecture, le jardinage et quelques créations décoratives, je participe régulièrement à plusieurs salons et soirées littéraires. Je retourne souvent au pays y retrouver non seulement mes frères et mes multiples cousins, mais aussi pour y faire des rencontres autour de l’écriture et partager ce qui m’anime : l’amour des mots et la conviction que la culture relie les nations.

