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LES INVISIBLES - NOUVELLE "THRILLER"

Je n’ai pas l’habitude de parler de moi. Là où j’ai grandi, on nous apprend que l’individu n’est pas important, que le groupe compte plus que tout et le message compte au-delà encore. Pourtant, j’ai la conviction que tout ce que l’on m’a appris est faux et n’a qu’une ambition : la manipulation de l’autre.


J’ai pratiquement toujours vécu dans le lieu que l’on appelait la Ferme. Mais Ce n’était pas à proprement parler une petite exploitation familiale ou les animaux et les enfants s’ébattaient naturellement dans les prés. Loin de là !


La Ferme était le lieu de tous nos conditionnements.

Je n’ai jamais su qui étaient mes parents. La règle était que chaque adulte devait participer et procréer afin que leur progéniture alimente le nombre de fidèles. Avant trois ans, les enfants étaient élevés comme en batterie : à partir de trois ans, ils intégraient ce lieu et vivaient dans d’immenses dortoirs où des nurses s’occupaient de leurs premiers besoins. Je me souviens de pièces froides, de salles de bain vétustes où l’on se réveille au contact d’une eau tour à tour glacée et brûlante, passant chacun son tour. Je me rappelle des punitions en cas de manquement. C’est dans ce contexte quasi martial que j’ai grandi. Certes, ils m’ont inculqué un savoir, mais je n’ai jamais reçu la moindre preuve d’affection, l’impression d’être unique et choyé. Mais ma vie a changé grâce a Coralie Rose.


J’ai toujours su que j’étais quelqu’un de spécial pour Coralie. J’ai longtemps imaginé qu’elle pouvait être ma mère biologique et que, n’ayant pas le droit de le dévoiler, elle me donnait une attention particulière. Mais vu son âge, j’ai renoncé à cette explication : nous n’avions que douze ans d’écart. Je pense surtout que Coralie m’a choisi et que ce choix m’a permis de devenir l’homme que je suis. Je sais que me qualifier d’homme à dix-sept ans peut vous paraître étonnant, voire présomptueux, mais si vous aviez grandi au même endroit que moi, vous comprendriez que l’on mûrit bien plus vite à la ferme.


Dans les premiers temps de ma vie, j’ai appris à développer mes capacités physiques et intellectuelles : rapidité, logique, concision, j’ai été à bonne école. Nous devions aussi apprendre à maîtriser nos émotions et à les reléguer au plus profond de nous pour ne pas qu’elles impactent sur notre mission. Je me suis révélé un grand stratège et un très bon joueur d’échecs. À la ferme, nous n’avions pas de noms, mais des surnoms liés à nos capacités. Le mien était Mat, car personne ne gagnait une partie sur l’échiquier s il jouait face à moi.

Nos conditions de vie étaient dures, puisque la philosophie du lieu était le culte à Gaïa, la mère nature. Les instructeurs nous apprenaient les dégâts faits par l’homme sur notre planète et l’importance de lutter, de combattre face aux dictateurs qui transforment les matières premières afin de favoriser leur confort, au détriment de l’humanité.


Pour cela, nous fabriquions tout ce dont nous avions besoin : un immense jardin potager permettait une agriculture saine, nous élevions nos animaux, et ceux qui montraient des capacités de tisserands fabriquaient nos habits. Nous avions peu d’interactions avec l’extérieur dont la pensée égoïste pouvait contaminer notre communauté. Mais certaines d’entre nous, ceux qui montraient des capacités physiques importantes, étaient dirigés vers la branche armée de notre communauté. Ce fut mon cas. Dès mes huit ans, j’appris à me battre, me servir d’arcs, de couteaux et d armes à feu. Je pratiquais le combat à mains nus pendant des heures, jusqu’à épuisement. Fatigué, couvert de sang, je m’effondrais sur ma couche. Mon destin était d’éliminer les ennemis de l’humanité et pour cela, tous les moyens étaient possibles. L’équipe de déminage m’apprit aussi les rudiments des bombes artisanales, mais mes facultés en chimie étaient plus limitées.

J’appris à devenir une machine de guerre au service d’une cause que je n’avais pas choisi, et pour laquelle j’étais conditionné à me sacrifier.

Ma première mission eut lieu alors que j’avais neuf ans environ. Je me rappelle encore du carnage : quatre personnes avaient péri sous mes assauts et je rentrais, couvert du sang de l’ennemi, fier d’avoir fait ce que l’on attendait de moi. Mon rôle était d’éliminer les industriels, les monteurs de projet qui exploitaient la terre au détriment de sa population et par extension, je devais tuer aussi les consommateurs soumis qui n,’agissaient pas pour contrer ce fonctionnement. Le nombre de mes cibles représentait un puits sans fond .


A mon retour, quand j’allais voir Coralie pour lui raconter fièrement mes exploits, elle se mit à pleurer. Étonné devant sa réaction, je la questionnais et elle m’expliqua :

–Mat, tu vaux tellement mieux !

Je ne sus comment réagir. Alors que je faisais ce pourquoi j’avais toujours été formé, je rencontrais de la résistance. Elle m’expliqua :

–Tu as d’autres possibilités que d’entrer dans un combat contre la terre entière ! La vie peut être tellement belle quand on la vit avec douceur... Il est temps que je t’explique ma façon de voir les choses.

Coralie m’amena jusqu’à un baquet d’eau où elle me baigna longuement, et, tandis qu’elle me passait l’éponge sur le corps pour enlever le sang, elle me parla de ses rêves, ses convictions, et des livres qu’elle avait lu et qui déconstruisaient complètement ce que j’apprenais à la ferme.


Dans un premier temps, je fus horrifié par ces paroles et j‘eus envie de m’enfuir pour tout raconter à nos instructeurs. Mais je ne pouvais pas condamner la personne qui avait veillé sur moi. J’exprimais mes réticences avec véhémence, elle continua de m’expliquer son point de vue. J’avais confiance en Coralie Rose depuis des années et son discours résonnait en moi autant qu’il m’effrayait. Je ne dormis pas pendant plusieurs nuits, perturbé par cette terrible remise en question.


Dans les jours qui suivirent, Coralie m’inculqua tout un savoir auquel je n’avais pas eu accès et qui finit par me fasciner, tant par sa nouveauté que par le champ des possibles qui s’ouvrait à moi. Quand je lui demandais pourquoi elle restait dans un lieu qui prônait l’inverse de ses valeurs, elle répondit :

–Mais pour toi, Mat.

Coralie avait été embauchée par une association dite écologique, alors qu’elle se retrouvait sans emploi, sans parents, sans un lieu où dormir. Elle avait grandi dans un foyer. Nous avions ce point commun de ne pas connaître nos parents et de n’avoir que la collectivité comme norme et connaissance. À ceci près que les éducateurs du foyer ne formaient pas les enfants à la guerre, rajouta Coralie, amère. À dix-huit ans, elle s’était retrouvée sans solution et avait pris le premier job qui s’était présenté à elle.


–Pourquoi n’es-tu pas partie plus tôt, puisque tu désapprouves les pratiques de la Ferme? questionnais-je.

–Tu penses vraiment que quand on entre ici, on peut en partir de son propre gré ? Ce n’est pas pour rien qu’ils embauchent des filles comme moi. Ils connaissent notre passé, les délits que l’on a commis pour s’en sortir et ils les agitent pour nous menacer de finir en prison, voire pire, si nous quittons le camp.

–Tu es donc coincée ici ?

–Oui. J’ai déjà pensé à m’échapper, tu sais, et il y a bien un lieu où j’aimerais vivre... C’est mon plus grand souhait. J’ai un frère ! Un demi-frère, en fait. À ces mots, elle s’anima, son regard exprimait une joie que je n’avais jamais vue chez elle.

–Nous avons passé les premières années de notre vie dans la même institution, reprit-elle, et je sais qu’il m’accueillerait les bras ouverts si j’allais chez lui. Il s’appelle Manuel Jimenez et il vit une vie normale, paisible comme j’en ai toujours rêvé. Il s’est installé dans le sud, à la campagne, dans un lieu perdu au nom chantant de La Peyrade. C est dans le Tarn, près de Castres, j’ai déjà repéré cette ville! Mais par contre, son village est tellement petit que certaines cartes ne le mentionnent pas! Dans l’une de ses lettres il m’a expliqué qu’il vivait entouré de champs de tournesols et de maïs, et qu’il pouvait voir passer des chevreuils sur son terrain. S’il y a un lieu où j’aimerais me réfugier, c’est chez lui.


Par la suite, Coralie Rose m’avait souvent parlé de Manuel et au fur et à mesure de ses récits, j’eus l’impression de le connaître. Elle me parlait de ses bibliothèques qui devaient être remplies de livres d’histoire, puisque c’était sa passion, et des tours de vélos que nous pourrions faire dans les coteaux environnants. Je me projetais moi aussi chez cet homme qui aurait pu devenir un oncle de substitution, comblant une partie de la vacuité de mon existence et me permettre d’être un enfant.


Coralie m’amena aussi dans sa cachette secrète : une cabane abandonnée aux abords de la ferme, ou elle entreposait des livres, son seul trésor, dans une cave aménagée sous le plancher. Au fur et à mesure de mes lectures, je compris que le monde que l’on m’avait toujours présenté n’était pas réel et qu’en tuant à tour de bras les ennemis de la ferme, j’étais moi-même un terroriste est un hors-la-loi, et non pas un serviteur de ma planète, comme l’on me l’avait inculqué.


J’eus une grosse période de doute. Comment continuer maintenant que je connaissais la vérité ? Pourtant, comment m’opposer à mes dirigeants ? Je ne savais plus vraiment qui j’étais et par moment, j’envisageais de me laisser tuer lors d’une mission, pour venger mes victimes et arrêter le massacre. Mais je savais aussi que j’étais interchangeable, d’autres prendraient ma place. Ma réflexion était sans fin. Est-ce que mon comportement a changé, les a alertés ? Pourtant, je m’appliquais à suivre les directives en journée, afin de ne pas être remarqué. Un soir, alors que Coralie et moi profitions d’un temps de pause pour lire des ouvrages dans la cabane, plusieurs commandants de la ferme déboulèrent avec pertes et fracas. Ils saisirent les livres et les jetèrent dans le feu, allumé pour l’occasion. Nous fument séparés rapidement et, malgré mes cris les suppliant de la laisser tranquille, elle ne desserra pas les dents. Elle savait qu’elle m’avait mis en danger et ne voulait pas montrer son attachement pour moi. Ce fut vain ! Mon désespoir était prégnant et les dirigeants ne s’y trompèrent pas.


La suite fut un enchaînement de souffrances. Je fus pendu par les pieds, la tête en bas,et je sentais les brûlures de chacun des coups de fouets qui lacérèrent mon torse. Je me retenais au départ puis je hurlais, pleurais, criais,… rien ne les arrêtait, ma trahison ne leur avait pas plu et ils me le faisaient savoir !


Ils tentèrent de connaître l’étendue des révélations de Coralie Rose, mais je restais coi, malgré les coups et la douleur qu'ils généraient. Il faut dire que j’avais l’habitude! On m’avait entraîné à me taire, même si j'avais mal à en crever ! Tout hurlait en moi! Ma haine, ma douleur, mes sentiments d'injustice et de fatalité... Mais je ne devais surtout rien exprimer, ils s'en serviraient contre moi.


A l'aube, ils revinrent me détacher, sans un mot. J'eus du mal à tenir debout, mes muscles engourdis me brûlaient, ma tête semblait prête à exploser. Ils me poussèrent vers l’extérieur et je me pris à espérer que la punition était finie. Pourtant, une fois dans la cour, je distinguais quatre silhouettes alignées, porteuses des robes de bure grises de circonstance ici, ainsi que, chose plus étrange, des cagoules. Mes bourreaux me tendirent un AK47 et me désignèrent les silhouettes entravées. Le message était clair : Je devais continuer à tuer. C’était ma vie contre celles de leurs cibles. Du coin de l’œil, je remarquais que la fenêtre de la tour qui surplombait la cour s’entrouvrait : Le chef en personne était présent, afin d'assister au spectacle. Je visualisais mentalement son air de fouine ! Il me dévisageait avec un sourire suffisant qui me donnait des envies de meurtre ! Mais si je voulais rester en vie, c’était envers ces inconnus que je devais diriger ma violence. Il en allait de mon avenir. Je tirais sans émotion, comme je l’avais appris. Le silence succéda au bruit des tirs... Mes bourreaux récupérèrent les cagoules et traînèrent les corps devant moi.

Je regardais les visages de mes victimes, blindé à toute émotion au vu de mon expérience ici...Enfin c’était ce que je croyais, avant de reconnaître certains de mes camarades, puis de voir le visage de Coralie parmi les victimes. Mon cœur s’était alors brisé en mille morceaux... Ma rose s'était fanée par ma faute et disparaissait de ma vie, elle qui prenait tant de place… J’étais bouleversé, démoli, mais je contenais les larmes mon visage lisse refusait de laisser couler.


Les gradés m’amenèrent alors dans la tour, le bureau de notre dirigeant. Il était rare d’y être admis et je m’attendais à une répudiation ou une condamnation à mort à l’issue de l’entretien. Pourtant, le chef me tint un tout autre discours :

–Mat… C’est bien ainsi que l’on t’appelle ? Je sais qui tu es et j’avais de grands projets pour toi… Je dis bien j’avais ! Tu as été contaminé par la chienlit, cette fille du diable au nom de fleur a insinué en toi le doute face à notre dogme, et Gaïa ne l’a pas laissée faire ! Elle l’a percée à jour et la traîtresse n’est plus, à présent… Nous devons te laver de sa souillure, te purger de ses propos diaboliques et à l’issue de cela, si tu survis à cette épreuve, cela voudra dire que Gaïa te reconnaît de nouveau comme l’un des siens. Nous pourrons alors évoquer ton avenir. Tu as compris jeune homme ? A toi de lutter pour devenir meilleur et tu franchiras les paliers.


J’ébauchais un vague salut, accentué par la pression de la main du garde sur ma nuque. Je n’avais qu’une envie, ne plus penser à rien, arrêter de faire semblant et je gagnais avec gratitude une cellule sans fenêtres où je pus pleurer sans être vu, pendant de longues heures. Je me sentais orphelin, et je me demandais comment survivre à ma tristesse de ne plus revoir Coralie et à la culpabilité de l’avoir exécutée.

Le lendemain, commença une nouvelle épreuve. Je m’attendais à des sanctions, à être expulsé ou mis en quarantaine mais ce qui se passa fut tout autre. Ils me conduisirent dans une cave située sous la tour.


Là, attaché à une chaise, ils forcèrent mon gosier avec un entonnoir et m’obligèrent à ingurgiter une grande quantité d’un mélange liquide et noirâtre, au goût amer de racines. Je compris vite qu’il s’agissait d’un vomitif, et je me tordis vite de douleur à chaque spasme. J’eus l’impression que même mes tripes s’évacuaient par ma bouche, ou bien par mes selles puisque tous mes orifices étaient soumis au même traitement. Pendant trois jours, je n’avalais rien d’autre que ce produit infâme et j’eus l’impression que mes organes subissaient des torsions insupportables. Ils me détachèrent dès le deuxième jour et je ne pu que m’affaler au sol et ramper vers la paillasse. Plusieurs fois, des cris de douleur s’échappèrent de ma bouche mais la plupart du temps, l’épuisement m’empêchait d’émettre le moindre son. Je me déplaçais à minima pour éviter de stagner dans les mares de vomi et de sang, provenant de mon gosier écorché par ses flux et reflux. Je ne sais plus ce que j’éprouvais à ce moment-là, mais je pensais surtout à ma survie.


Quand mes bourreaux me considérèrent purgé, ils me conduisirent dans une salle d’eau ou ils me lavèrent. Ils me donnèrent une soupe que j’eus du mal à avaler, mais après quelques haut-le-cœur, mon estomac la garda. Je pensais que mon épreuve était terminée et j’allais m’endormir, rasséréné, quand on m’amena dans une grange. Je connaissais ce lieu. C’est celui où nous étions chargés d’interroger les témoins gênants et je compris que je n’en avais pas fini. Là, ils me posèrent maintes et maintes questions sur les lois qui régissaient la ferme, la parole de Gaïa, l’importance de notre combat, afin de vérifier ma loyauté... J’étais tellement conditionné à y répondre depuis que j’avais trois ans que je me sortis de cette situation sans trop de difficultés. Le plus ardu fut la longueur du temps d’interrogatoire et le sentiment que tout cela n’était que tromperie, au vu du sort qu’ils avaient réservé à Coralie Rose. Je n’étais plus dupe de leur discours mais je devais le leur faire croire, ce que je réussis, apparemment.

Suite à cette nouvelle journée, j’atterris à l’infirmerie et je dormis enfin plusieurs heures. A mon réveil, le commandant Vainqueur, chef de mon groupe était au pied de mon lit. Il m’adressa un sourire et déclara :

–Bienvenue de nouveau parmi nous, Mat. Demain, soit à l’heure pour l’entraînement.

Les jours suivants, je me consacrais entièrement à mes entraînements, puis ensuite à mes missions, prenant tous les dangers, récoltant des tableaux de chasse à faire pâlir mes supérieurs. Dans les mois qui suivirent, leur méfiance disparut : ils étaient trop sûrs du bien fondé de leur croyance et de leurs techniques d’embrigadement. Mais ils avaient omis un détail important qui avait fait basculer mon existence : l’amour et la tolérance. Je ne parlais jamais de ce que je gardais au fond de moi : ce que Coralie m’avait enseigné devait rester enfoui. Un jour, alors que j’étais submergé par la tristesse , je me lançais dans le tatouage artisanal d’une rose fanée, dessinée sur mes pectoraux, afin de ne jamais oublier ce pourquoi je me levais encore chaque matin.


De par mes actes, je montais rapidement dans l’estime de la communauté et je gagnais en influence. Le dirigeant de la communauté me reçut un matin, alors que je finissais mon entraînement, trempé de sueur et de plaies. Il me toisa longuement et me dit :

–J’ai besoin d’hommes comme toi pour mon plan d’envergure. Je veux associer l’action de notre ferme aux fermes environnantes, et je veux m’appuyer sur ton intervention.

Je fus étonné d’apprendre qu’il y avait d’autres endroits comme celui-ci, même si finalement cela paraissait logique. Je me tus et je l’écoutais :

–Mon homologue de la communauté la plus proche est assez méfiant à mon encontre. Je détiens des preuves de sa complicité dans leurs actions et il redoute ma trahison. Je dois lui montrer ma bonne volonté afin que nous puissions unir nos forces et mener une opération d’envergure, en simultanée. Tu vas lui amener le dossier reprenant les détails de l’opération. Ainsi, nous pourrons nous allier et frapper fort ! Je connais ton attachement à la ferme et à notre cause. Une fois l’action montée, je compte te nommer capitaine de l’une des opérations.

–Je serai digne de votre confiance, ajoutais-je sobrement.

Il me regarda dans les yeux, longuement :

–Je n’en doute pas